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SUCRES AJOUTÉS DANS LES PRODUITS INDUSTRIELS : ON REFAIT LE POINT

SUCRES AJOUTÉS DANS LES PRODUITS INDUSTRIELS : ON REFAIT LE POINT

Un récent article de Slate.fr reprend et commente une étude descriptive faite au Canada sur le contenu en sucres ajoutés des aliments préemballés. Très instructif mais cela mérite un fact-checking car la question est complexe !

 

« Au Canada, deux tiers des produits industriels contiennent des sucres ajoutés »

Sans doute     

 

Pour la France, nous avions déjà abordé le sujet dans notre article « l’étiquetage nutritionnel : du sucre à toutes les sauces ? ». Les chiffres changent d’un pays à l’autre et varient passablement suivant que l’on estime la proportion d’aliments avec sucres ajoutés par rapport à toute notre alimentation (aliments cuisinés à domicile, consommation hors-foyer, produits non préemballés, produits préemballés du commerce) ou par rapport aux seuls produits préemballés dits « industriels », comme c’est le cas dans l’étude canadienne.

Pour la France, la table de référence en matière composition nutritionnelle est celle de l’ANSES. Mise à jour fin 2016, elle permet d’estimer que 65% environ des 2600 aliments de la table (tous les aliments, bruts ou préemballés) contiennent des sucres naturellement présents ou ajoutés à une teneur égale ou supérieure à 0,5 %.

Si l’on classe ces aliments selon leur teneur en sucres, le numéro 1 de la liste est logiquement… le sucre blanc (c’est du saccharose, à plus de 99,7%). A l’autre extrémité du classement, la tripe à la mode de Caen (sic) se trouve en queue de peloton avec 0,5 % de sucres (apportés par les carottes de la recette).

Il n’y a pas le détail sur les sucres ajoutés mais à partir d’estimations internes sur les bases de données Ciqual, Credoc et OpenfoodFacts, nous avons compté qu’environ 25 % de tous les aliments contiennent des sucres ajoutés et que sur les seuls aliments préemballés, la proportion monte à 55-60 % avec sucres ajoutés. Pas loin de l’estimation des Canadiens.

 

Tout cela bien entendu avec des teneurs en sucres ajoutés qui varient très largement suivant la catégorie de produits, comme le montre une autre étude canadienne : la teneur médiane est de 50 % de sucres ajoutés dans la catégorie des sucres et produits sucrés (sucre, miel, bonbons, etc.), de 14% dans les gâteaux, de 2% dans les sauces ou encore 0,3% dans les soupes.

Sucres ajoutés par catégories de produitsSource

 

« Trente termes différents associés à l’ajout de sucre ont été recherchés (« glucose », « fructose », « dextrose », « sirop de maïs à haute teneur en fructose »…) »

 

 

 

 

C’est vrai qu’il n’est pas simple de s’y retrouver parmi les ingrédients sources de glucides ou de sucres. Les appellations pour les différents sucres ajoutés sont effectivement nombreuses : sucre, miel, sirop de glucose, sirop de glucose-fructose, sucre inverti, concentré de fruits, lactose, dextrose, sirop d’agave, pour les plus fréquents et certains ingrédients contenant des sucres figurent sous leur nom générique comme la pate de datte, les jus concentrés de fruits, etc. Les auteurs de l’article canadien indiquent qu’ils en ont répertorié près de 30. C’est possible, sauf que dans la liste qu’ils fournissent, certains noms  ne correspondent pas à des sucres (caroube, dextranes, ethyl-maltol, maltodextrines) mais à des glucides complexes utilisés comme texturants ou encore à des exhausteurs de goût…

 

« Les sucres ajoutés dans les produits industriels inquiètent, car leur caractère « dissimulé » nous pousse à en manger beaucoup sans en avoir conscience »

 

 

 

 

Dissimulés, les sucres ajoutés ? En fait, deux informations obligatoires sont disponibles sur l’étiquette. 1. : l’ajout de sucres se voit dans la liste des ingrédients, certes avec des petits noms variés et ce n’est pas toujours simple (un indice : il s’agit le plus souvent de sucres quand cela se termine par ‘ose’). 2. : tous les sucres, ajoutés et naturellement présents sont comptabilisés au sein des glucides et leur teneur est indiquée dans la déclaration nutritionnelle soit en pourcentage  (en g pour 100g de produit) . Exemple pour des biscuits type palmiers : pour 100 g, glucides : 59 g dont sucres 25 g. Donc si on veut savoir, on peut.

Ce qui est juste, c’est que les produits sucrés « solides » sont souvent gras et sucrés et ils ont de ce fait une teneur élevée en calories. Beaucoup de calories dans un petit volume, cela ne rassasie pas aussi vite que des fruits ou des légumes, donc mollo sur les quantités !

 


Voir aussi :

 

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