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LA CHASSE AUX SUCRES, C’EST UN PEU COMME UNE CHASSE AUX SORCIÈRES… UNE PERSÉCUTION INJUSTIFIÉE

LA CHASSE AUX SUCRES, C’EST UN PEU COMME UNE CHASSE AUX SORCIÈRES… UNE PERSÉCUTION INJUSTIFIÉE

Dans le dossier Nutrition de Sciences et Avenir de Juin « Aliments et santé », on peut lire un article intitulé « Traquer les sucres cachés ». La chasse aux sucres a le vent en poupe dans la presse, mais rappelons que l’organisme a un besoin physiologique de sucres, notamment il a besoin de glucose pour fonctionner… Alors restons raisonnables sur nos consommations : point trop n’en faut, ni trop peu.  A la loupe, on a traqué les erreurs et approximations de cet article.

« 41 % des adultes français mangent trop de sucres dits libres »

mais…

Il faut savoir que les sucres libres (sucres ajoutés et sucres des jus de fruits) représentent, selon l’étude INCA2 et l’analyse récente de l’INRA, un apport moyen de 9,5 % de l’apport énergétique des adultes français.

41 % des adultes dépassent le seuil de 10%, ce qui n’est pas rien ! Mais attention, il s’agit d’un seuil. Ainsi les personnes ayant des apports en sucres libres de 10,1% sont considérées comme mangeant « trop » de sucres, au même titre que ceux qui en mangeraient 15%. On peut noter que cette catégorie d’adultes représente d’ailleurs des jeunes, plutôt tournés vers les boissons et le grignotage, mais avec un surpoids et une obésité moindres. Il faut donc relativiser les chiffres et ne pas faire de conclusions trop hâtives.

Pour approfondir le sujet, notre billet “Des raisons ou déraison d’arrêter le sucre” faisait le point sur les recommandations et consommations réelles.

 

« En effet, la plupart des sucres consommés aujourd’hui sont « dissimulés » dans des aliments transformés »

Nous l’avons explicité dans de nombreux billets précédents, notamment “Sucres ajoutés dans les produits industriels : on refait le point”, les sucres ne sont pas dissimulés, ils sont étiquetés.

Deux informations obligatoires sont disponibles sur l’étiquette : l’ajout de sucres (dans la liste des ingrédients), et la présence de sucres, ajoutés et naturellement présents, au sein des glucides. Leur teneur est indiquée dans le tableau de valeurs nutritionnelles en grammes, et parfois aussi en pourcentage.

 

« Depuis quelques années, des études montrent ses effets néfastes sur le cerveau. […] Quant à Constance Harrel, de l’université Emory d’Atlanta (États-Unis), elle avertit depuis 2014, après des essais sur les rats, que « l’excès de sucre peut également entraîner des états dépressifs et des troubles de l’anxiété à l’adolescence » ! »

 

Cette étude, qui n’a en fait pas été publiée, porte sur des rats et sur le fructose. Mais c’est surtout une étude qui utilise des  “doses” de fructose astronomiques ! Les doses testées sur les pauvres rats représentent 55% des calories… ce qui ferait chez l’homme 275 g de fructose par jour !! Rappelons pour mémoire que la consommation de fructose en France est estimée à  42 g/j en moyenne… On est bien loin des doses testées ici. Vous pourrez trouver en lien l’étude en question :

http://news.emory.edu/stories/2014/11/fructose_adolescents_sfn/index.html

Comment en arriver à la conclusion que le sucre peut alors entraîner des états dépressifs et des troubles de l’anxiété à l’adolescence chez l’Homme ? Mystère !

Concernant le cerveau, rappelons enfin que l’organisme a un besoin vital en glucose pour fonctionner : le glucose, élément final de la digestion du sucre et des glucides, est le seul carburant utilisable par notre cerveau ! Il est donc important de relativiser ces extrapolations, ne pas les prendre pour argent comptant, sachant que beaucoup d’autres études reconnaissent l’importance des glucides pour le fonctionnement du cerveau.

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