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CONSO, RAFFINAGE, SUCRES CACHÉS : LE COMPTE N’EST PAS BON

CONSO, RAFFINAGE, SUCRES CACHÉS : LE COMPTE N’EST PAS BON

C’est toujours très compliqué pour les acteurs de notre filière betterave – sucre de voir (ou revoir puis que c’est un sujet de 2018) un documentaire de l’émission Tout compte fait, dont le titre « Sucre, comment ils nous rendent accro ! » assimile notre produit à une substance addictive !

Nous comprenons le souhait des auteurs d’alerter – légitimement – sur les risques de maladies chroniques liés à la surconsommation de produits sucrés, mais est-il nécessaire de faire un tel raccourci pour attirer le spectateur ?

Nous aussi, tout compte fait, on a quelques précisions à apporter, alors nous vous livrons les erreurs et autres approximations que nous avons relevées !

 

La consommation de sucre en France est de 35 kilos par an

Il ne faut pas confondre les ventes et la consommation

 

 

35 kg/an, cela correspond à environ 100 g/j et par personne ; est-ce le bon chiffre de consommation ? Non ! 35 kg, ce sont des ventes, qui reflètent une disponibilité de sucre sur un marché et non ce que les français mangent effectivement.

On estime que seulement 70 % du sucre produit en France est destiné à un usage alimentaire. Les 30% restant sont des usages non alimentaires : production d’alcool, notamment pour les gels hydro-alcooliques ou le bioéthanol-carburant, usages en pharmacie et en chimie, etc.

Par ailleurs, il faut tenir compte des pertes et des gaspillages alimentaires, qui creusent l’écart entre les ventes et la consommation réelle.

Seules les enquêtes alimentaires individuelles comme celles de l’ANSES ou du CREDOC permettent d’appréhender le niveau de nos apports en sucres. En réalité, notre consommation relevée par ces enquêtes nationales est estimée entre 50 g et 60 de sucres par jour et par personne. Voir notre article sur la consommation de sucre en France.

 

150 g de sucre par enfant, 6 fois la dose recommandée !

75 g/jour de sucres pour l’ANSES et 45 g/jour de sucres libres pour l’OMS.

 

La séquence consacrée au goûter d’anniversaire de Lazare, 8 ans, s’achève par un calcul approximatif de la quantité de sucre(s) consommée via les bonbons, boissons et gâteaux par Lazare et ses copains. Impressionnant, c’est vrai : 1,2 kg pour les 7 enfants, soit 150 g par enfant !

Si l’on se réfère aux recommandations officielles d’apports en sucres au quotidien, c’est vraiment trop ! L’ANSES fixe une limite à ne pas dépasser pour les enfants de 8 à 12 ans à moins de 75 g/jour de sucres. Pour l’OMS, c’est environ 45 g/jour de sucres ajoutés et sucres apportés par les jus de fruits. Donc, ce n’est pas 6 fois trop mais c’est trop, c’est très clair. Gageons que les enfants ne vont pas manger beaucoup le soir et que ce n’est pas tous les jours anniversaire.

 

L’un des tabous de l’industrie alimentaire : du sucre dans les produits salés

 

 

 

 

Pour nous, il n’y a pas de tabou sur ce sujet ; nous en parlons ici et encore. Du sucre mais aussi d’autres sucres comme le lactose ou le dextrose sont effectivement ajoutés dans les produits salés pour des questions de goût et de conservation.

Le point important est que les quantités ajoutées sont le plus souvent très faibles, de l’ordre de 1% ou 2% suivant l’aliment considéré. Et il faut prendre garde à ne pas confondre la teneur en sucres totaux avec les seuls sucres ajoutés, à l’exemple des petits pois (1% de sucre ajouté pour 3-4% de sucres totaux).

Des ajouts beaucoup plus importants existent cependant ; c’est le cas de certains ketchups et la diversité de l’offre montre qu’il y a des voies d’améliorations et des réductions possibles.

 

Audrey a choisi de vivre sans sucre raffiné

Le sucre produit en France n’est pas raffiné.

 

 

Rectifions d’abord l’idée reçue selon laquelle le sucre produit en France serait raffiné. Il n’en est rien pour plus de 90 % du sucre que nous consommons, qui est du sucre blanc, naturellement blanc, issu de betteraves cultivées en France. Et dans les 10 % restants, c’est majoritairement du sucre roux de canne. Seul le sucre de canne blanc est passé dans une raffinerie pour lui ôter ses matières colorantes. Voir la vidéo qui vous explique tout ici.

Dans le reportage, il est dit que « pour éviter tous les sucres ajoutés dans les produits industriels », la personne que l’on accompagne dans sa cuisine réalise tous ses produits maison. Nous encourageons le fait-maison, un vrai bon moyen de contrôler directement ses recettes, ses portions et ses quantités de sucres, matières grasses ou sel ajoutées.

Mais que fait Audrey en réalité ? Elle nous dit qu’elle a remplacé le sucre blanc par du sirop d’agave, du sucre de fleur de coco, du miel, des dattes ou des extraits de stévia. C’est son choix, mais rappelons qu’en dehors de la stévia, tous les produits sucrants employés par Audrey contiennent des sucres qui sont voisins sinon identiques au sucre de betterave ou de canne, et qui apportent en tout cas la même valeur calorique, 4 kcal/g.

 

Résumons-nous : Oui à la cuisine, oui aux pâtisseries maison réalisées en famille, au plaisir des goûters, et quant aux sucres, quels qu’ils soient, consommons-les sans excès, de manière raisonnée !

2 Comments

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  • etienne
    15 juin 2020

    appeler fact checking une action de lobbying pour la betterave c’est un peu comme scier la branche de la crédibilité sur laquelle on tente de s ‘asseoir

    • Cultures Sucre
      Cultures Sucre
      16 juin 2020

      Bonjour, merci pour votre commentaire, notre blog a pour objectif d’apporter les bons chiffres (à l’exemple des apports en sucres issus d’enquêtes nationales) ou des faits (le sucre de betterave n’est pas raffiné), en réponse aux erreurs que nous relevons ça et là.

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