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LES SECRETS DU SUCRE : ET S’IL N’Y EN AVAIT PAS ?

LES SECRETS DU SUCRE : ET S’IL N’Y EN AVAIT PAS ?

Pourtant annoncée comme le magazine positif des samedis matins, l’émission « Nous voilà bien » diffusée le 12 janvier 2019 sur RTL avait une tonalité plutôt culpabilisante sur nos consommations sucrées. Précisions sur ce que nous consommons vraiment et sur la notion d’addiction au sucre.

 

« On parle de surconsommation de sucre(s) quand on dépasse 10% de notre apport en énergie »

 

 

 

 

 

 

L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a effectivement recommandé en 2015 de limiter nos apports à moins de 10% de nos calories quotidiennes. Précisons que l’OMS établit cette limite pour les « sucres libres », c’est-à-dire les sucres ajoutés aux aliments et les sucres apportés par les jus de fruits.

A quoi correspondent plus concrètement ces 10% ? Pour un apport calorique standard de 2000 kcal/jour, cela donne 50 g de sucres libres. Nous avons fait l’exercice pratique avec 2 exemples homme/femme sur une journée (schéma 50 g/j). Clairement, cette limite autorise quelques petits plaisirs sucrés (ouf !) mais on y arrive assez vite, et ce d’autant plus si l’on consomme un verre de boisson sucrée ou un jus de fruit.

 

50-g-de-sucres-libres

 

En France, et ce point est mentionné dans l’émission, nos consommations en sucres sont stables depuis de nombreuses années et proches de la recommandation de l’OMS. Selon la récente enquête du CREDOC menée en 2016, nos apports en sucres libres sont en moyenne de 53 g/jour, soit 11% des apports caloriques quotidiens.

 

« Le sucre a le même pouvoir addictif que des drogues dures »

 

Il ne faut pas confondre addiction à un aliment et addiction comportementale.

 

 

 

Le concept d’addiction à l’alimentation, et plus précisément d’addiction au sucre, rencontre un succès certain lorsque l’on traite de la « malbouffe » et de son impact sur la santé. Bien souvent, ce sont des expériences animales qui justifient la comparaison entre le sucre et les drogues dures. Or, ces études sur des rats se font dans des conditions d’accès intermittent à de l’eau sucrée, les privations « organisées » pouvant déclencher les comportements compulsifs. De plus, et contrairement aux drogues dures, les rats ne se jettent pas sur le sucre quand il est constamment  accessible !

Lire également notre billet « Sérieusement, le sucre pire que la cocaïne ? »

Chez l’homme, on observe des comportements alimentaires qui s’apparentent à des conduites addictives. On ne parle pas ici du Paris-Brest qui fait très envie ou du carré de chocolat après le dîner. Non, il s’agit d’une véritable perte de contrôle menant à des consommations très excessives, rarement sur le sucre lui-même, mais plutôt sur des aliments « réconfort » du type cookies ou chocolats, c’est-à-dire gras et sucrés, très plaisants et très denses en calories. C’est une souffrance manifeste qui nécessite une prise en charge. De l’avis des experts, il s’agirait pour les aliments d’une addiction comportementale, analogue au jeu pathologique, c’est-à-dire sans lien avec une substance (consensus Neurofast, 2014).

A ce sujet, lire l’intéressant article de l’Express : « Faut-il manger du sucre dès qu’on se sent accro ? ».

Une équipe de l’INSERM vient de montrer que le taux de dépression des Français était passé de 6 à 8 % de la population entre 2000 et 2010. Sans verser dans la frénésie consommatoire, il serait dommage de se priver de sources de réconfort « naturels » tels qu’une pâtisserie de temps en temps. Fort heureusement, le plaisir alimentaire n’est pas synonyme de dépendance. Évitons les raccourcis qui visent à faire passer le sucre pour une drogue dure, c’est faux, angoissant et ne nous aide pas à mieux manger. Encourageons la juste place du sucre et la juste mesure, dans la consommation comme dans les discours : consommons mieux, consommons raisonné !

 

 

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