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NOUVEAU LIVRE SUR LE SUCRE : DE LA POUDRE… AUX YEUX

NOUVEAU LIVRE SUR LE SUCRE : DE LA POUDRE… AUX YEUX

Le Magazine de la Santé sur France5 invitait le 8 juin 2017 un journaliste indépendant, Bernard Pellegrin pour son nouveau livre “Sucre : enquête sur l’autre poudre”, éd. Taillandier. Sur la page FB de l’émission, la présentation du livre parvient à un exploit : accumuler en quelques lignes les principaux poncifs et idées reçues sur le sucre ! Fact-checking obligatoire !!

Addiction au sucre – Le Magazine de la Santé : « le sucre peut être considéré comme une drogue »

Ben non ! Le titre du livre est à dessein provocateur mais, en dépit des expériences désormais célèbres sur des rats de laboratoire préférant boire de l’eau sucrée à une injection de cocaïne, le caractère addictif du sucre ou des produits sucrés n’est pas établi chez l’homme. Voir notre billet “Le sucre encore et toujours une drogue ?”

Certes, il existe des personnes se déclarant gravement « addictes » au sucre et consommant compulsivement de grandes quantités de produits sucrés. Ce sont de vraies pathologies et de vraies souffrances. Environ 5 à 10 % des Français souffriraient de troubles du comportement alimentaire (ratio de 7 femmes pour 1 homme), nécessitant une prise en charge individuelle souvent pluridisciplinaire (accompagnement nutritionnel, soutien psychologique voire médicamenteux, etc.) A lire : cet intéressant Dossier de presse de la JABD.

Quant à ceux (dont nous sommes) qui se déclarent « accro » à un crocodile gélifié ou autre carré de chocolat du soir, pas de panique ! L’attrait pour ces petits plaisirs ritualisés ou non est une manière de gérer plaisamment ses émotions ; on peut avoir du plaisir sans devenir dépendant ! Et tant que ce n’est pas 2 plaques de chocolat, un carré n’aura pas de conséquences délétères…

 

Trop de sucre – Le Magazine de la Santé : « Le sucre est partout dans les sodas ou le jambon, dans la mayonnaise et les pizzas »

La confusion des termes et des genres est maintenant classique : le sucre (saccharose extrait de la betterave ou de la canne à sucre), ce n’est pas la même chose que les sucres (glucose, fructose, saccharose naturellement présents ou ajoutés aux aliments) ni que les glucides (sucres + amidons).

Mais admettons que l’auteur veuille parler des sucres ajoutés aux aliments. Il s’agit du sucre et d’autres sucres tels que les sirops de glucose et le dextrose (tous deux extraits de l’amidon), le miel, le lactose (extrait du lait).

A partir d’estimations internes sur les bases de données de l’ANSES et d’OpenfoodFacts, nous avons compté qu’environ 25 % de tous les aliments contiennent des sucres ajoutés et que sur les seuls aliments préemballés, la proportion monte à 55-60 % avec sucres ajoutés. OK ; c’est une présence importante mais ce n’est pas « partout ». Notre billet “Sucres ajoutés dans les produits industriels” en dit plus dans notre article “Sucres ajoutés dans les produits industriels : on refait le point”, ainsi que dans l’article “Pourquoi les produits salés contiennent-ils du sucre ?”

Autre point majeur : la teneur en sucres des produits salés est le plus souvent faible, de l’ordre de 1% contre 10 à 90% pour les produits (au goût) sucrés.

Dernière curiosité : la teneur en sucres des soupes ou des sauces est liée aux sucres  naturellement présents des légumes et/ou à d’autres sucres que le sucre de canne ou de betterave, jugé trop « sucrant ».

sans-sucre-ajouté

 

Consommation de sucre – Le Magazine de la Santé :  « On en consomme bien plus que les 25 grammes par jour recommandés par l’OMS »

 

Les recommandations de l’OMS concernant les apports en sucres libres (sucres ajoutés et sucres des jus de fruits) sont fixées depuis 2015 à moins de 50 g/j ou 10 % des calories ; c’est la recommandation qui fait foi au plan international.

Les 25 grammes indiqués ici sont une recommandation dite « conditionnelle » d’abaisser le seuil de 10% à 5 % pour « des bénéfices santé additionnels », visant en particulier une meilleure prévention des caries dentaires dans les pays à faible niveau de revenus. A noter que cette recommandation est basée selon l’OMS sur « des niveaux de preuve de très faible qualité ».

Quelles sont nos consommations en France ?

Si l’on prend le seuil de 5% (25 g/j), il est clair que les Français sont au-delà avec un apport en sucres libres estimé en moyenne à 9,5 % des calories. Mais nous sommes dans les clous de la recommandation forte de l’OMS à 10%.

Dans son important rapport sur les sucres publié en janvier 2017, L’ANSES, Agence française de sécurité alimentaire,  a proposé un autre seuil qui porte sur tous les sucres des aliments hors lactose, le fixant à moins de 100g/j ; les Français, toujours selon l’ANSES, ont des apports en moyenne de l’ordre de 80 g/j de sucres hors lactose et  20% de la population adulte dépasse cette limite. Cette proportion monte à 33% chez les jeunes adultes (18-34 ans), cible à surveiller selon l’ANSES.

Lire aussi : Raisons ou déraisons d’arrêter le sucre.

 

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