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LIBÉRÉS, DÉLIVRÉS DU SUCRE EN 3 SEMAINES !

LIBÉRÉS, DÉLIVRÉS DU SUCRE EN 3 SEMAINES !

Cette semaine, France 2 nous a offert un grand moment de télévision avec l’émission « c’est au programme » qui proposait ni plus ni moins que de « se libérer du sucre en 3 semaines ». Au menu, quelques confusions classiques et quelques moments presque humoristiques.

« La consommation a considérablement augmenté en 100 ans. 10 kg de plus en 100 ans »

VRAI

Oui, la consommation de sucre a évolué au cours des siècles. Considéré comme une épice onéreuse ou un médicament au Moyen-Age, c’est aujourd’hui un produit de consommation courante, dont la  consommation est stable depuis 50 ans . Cependant, comparer la disponibilité d’un produit alimentaire sur 100 ans ne permet pas de tirer beaucoup d’enseignements ! A titre de comparaison, on est passé de 220 kg de pain /personne et par an contre 50 kg aujourd’hui, pour le vin, c’était 160 l/personne en 1900 et 3 fois moins aujourd’hui. Certes, les ventes de sucre ont augmenté, comme celles de poisson, qui sont passées de 2,5 kg à 24 kg /personne et par an ! Mais dans le même temps, les modes de vie ont profondément évolué et l’espérance de vie a largement augmenté. Heureusement, il ne viendrait à l’idée de personne d’en déduire que le sucre et le poisson conservent…

 

« l’OMS exhorte tous les pays à diminuer leur consommation de sucre »

A nuancer

L’OMS exhorte plutôt tous les pays à respecter ses recommandations pour une alimentation saine qui comprennent notamment une consommation des « sucres libres » (= sucres ajoutés + sucres du miel et des jus de fruits) contribuant à moins de 10% des apports énergétiques totaux. En France, même si certains gros consommateurs peuvent dépasser ce seuil, la contribution moyenne des sucres libres aux apports énergétiques chez les adultes est évaluée à 8% par le Credoc en 2013.

 

« Nous sommes réellement attirés par le sucre dès la naissance »

VRAI

Dès la naissance, la stimulation sucrée du lait maternel provoque une réaction de plaisir, via le système cérébral de la récompense. C’est grâce à ce mécanisme évolutif que le nouveau-né recherche le lait maternel qui va lui permettre de se développer.

 

« 40% des produits que nous consommons contiennent du sucre et en général, c’est du sucre caché »

Faux-09

Effectivement, une partie importante de nos consommations de sucre provient maintenant des produits alimentaires (confitures, biscuits, boissons) et non plus du seul sucrier familial ou des recettes « maison ».

Ce n’est pas pour autant qu’il est caché ! Les sucres ajoutés (sucre=saccharose mais aussi tous les autres sucres) figurent obligatoirement sur la liste des ingrédients des aliments et, par ailleurs, tous les sucres (ajoutés ou naturellement présents) sont comptabilisés dans le tableau nutritionnel obligatoire.

Globalement, si on se réfère aux catégories du Credoc, on estime à 25% la proportion d’aliments comportant des sucres ajoutés.

« En France, on est de gros consommateurs de sucre entre 25 et 35 kg de sucre par an et par personne »

Faux-09

Le chiffre de 35 kilos correspond à la disponibilité de sucre sur le marché, c’est-à dire aux ventes de sucre/habitant. Il faut ensuite déduire les pertes et gaspillages de produits sucrés, utilisations non alimentaires, transformation pour la chaptalisation des vins ou le caramel. Seule les enquêtes de consommation permettent d’évaluer plus précisément la consommation réelle de sucre qui se situe plutôt entre 18 et 22 kilos par personne et par an

Pour finir sur une note positive, on a beaucoup ri avec le petit reportage qui proposait des conseils pour se libérer du sucre en 3 semaines en commençant par « le chocolat , ennemi n°1 parce qu’on le prend par plaisir ». On aura donc compris que manger par plaisir est une grossière erreur et qu’il vaut mieux se nourrir par obligation (et tant qu’à faire par pilule ou sonde gastrique, ça gagnera du temps).

 

Crédit photo « gâteau Reine des Neiges » : candy-mail.com

2 Commentaire(s)

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  • Alex
    14 décembre 2016

    Je ne suis pas étonné qu’il n’y ai aucun commentaire sur votre « vrai-faux » ni que les commentaires soient désactivés partout où vous faites circuler votre pub.
    Votre « fact checking » ressemble fortement aux campagnes de pub pour le tabac des années 1960, avec un joli emballage 2016.

    Le « sucre », indispensable à la vie, on le trouve partout : dans les fruits, les légumes, les féculents… Et ces doses de sucre présentes à l’état naturel sont amplement suffisantes pour une alimentation équilibrée.

    Le sucre raffiné qui a inondé les marchés depuis 50 ans est tellement présent dans notre alimentation qu’il est devenu un poison, c’est un fait : La stéatose hépatique, maladie quasi inexistante au début du siècle touche 30 à 50% des américains.
    De nombreuses études sérieuses ont démontrés les effets nocif du sucre sur la sante : surpoids, hypertension, vieillissement prématuré de la peau, cancers…

    • Cedus
      Cedus
      21 décembre 2016

      Nous sommes ouverts au débat, c’est d’ailleurs le principe de ce blog. Nos billets sont ouverts aux commentaires, il se trouve simplement que vous êtes le premier à vous en servir.

      Quand vous dites, « le « sucre », indispensable à la vie, on le trouve partout : dans les fruits, les légumes, les féculents… », c’est effectivement ce que nous nous efforçons de dire dans nos billets et vidéo en indiquant que le glucose est essentiel au fonctionnement de notre organisme et que le sources de glucose sont multiples.

      La comparaison avec le tabac… « un poison »… On n’est pas très fans des excès, y compris de langage, donc on ne commentera pas. Par contre, quelques remarques et réponses :

      « le sucre raffiné » (…) : il se trouve que le sucre que nous consommons en France n’est pas « raffiné » (voir notre billet : http://vraifaux.lesucre.com/fabrication-du-sucre-ni-chimie-ni-raffinage/).

      Vous évoquez « les dangers du sucre »… Ce n’est pas le sucre en tant que tel qui pose problème, c’est l’excès de sucre. Les pathologies que vous citez ont en effet toutes en commun d’être liées, entre autres, à des facteurs nutritionnels avec un risque d’incidence augmenté par le surpoids ou l’obésité. L’excès de sucre(s) comme l’excès de tout nutriment peut favoriser ce surpoids. Comme vous pourrez le constater dans l’ensemble de notre communication, nous avons adopté la position de « consommation équilibrée sans excès ».