Loading
SUCRE ET CANCER DU SEIN : QUELS LIENS ?

SUCRE ET CANCER DU SEIN : QUELS LIENS ?

En ce début d’année, vous avez peut-être lu dans la presse que le sucre était (ou serait, cela dépend des médias) responsable du cancer du sein.

Cette couverture est liée à la publication d’une étude scientifique américaine menée chez la souris, qui a été très médiatisée, et qui montrerait un lien entre consommation de sucre et cancer du sein, via une nouvelle voie moléculaire…

Comme souvent lorsque c’est le cas avec de nouvelles études, ses conclusions sont prises pour argent comptant par un certain nombre de médias… Et pourtant, regarder de plus près l’étude invite à faire preuve d’une grande prudence dans ses conclusions !

C’est ce qu’a fait le site Food Insight (de la Fondation « The International Food Information Council » (IFIC). Il explore davantage cette étude et donne son opinion sur la méthodologie et sur les conclusions.

En voici en résumé quelques extraits en français :

« Cette semaine, la panique a atteint un nouveau niveau avec une série d’articles blâmant le rôle du sucre dans le développement du cancer du sein et des métastases […]  Dr. Megan Meyer, un scientifique en immunologie nutritionnelle, et Kris Sollid font tomber ces effrayantes allégations à la une de la presse.

  1. Surdosage : L’étude n’utilise pas des quantités de sucre réalistes. Les souris ont un « régime » où le sucre apporte jusqu’à 50% des calories, ce qui est très élevé. Autre point, les quantités d’aliments réellement consommées par les souris ne sont pas précisées.
  2. Souris : Les modèles utilisés étaient prédisposés au cancer, ce qui signifie que les chercheurs avaient génétiquement modifié ou irradié la souris afin qu’elles développent rapidement un cancer. Ce modèle est difficilement transposable à l’homme.
  1. Raccourcis : Le sucre ne favorise pas le développement des cellules cancéreuses. Toutes les cellules ont besoin de glucose pour l’énergie qu’il procure. Donner plus de sucre aux cellules cancéreuses ne signifie pas que la croissance de ces cellules sera accélérée. Inversement, appauvrir les cellules cancéreuses en sucre ne signifie pas ralentir la croissance. 
  1. Le sujet principal : Il y a beaucoup de mesures à prendre pour réduire les facteurs de risque de développer certains cancers […]. L’obésité est un autre facteur de risque. […] Nous laisser distraire de ces mesures par cette seule étude, basée sur la souris, pourrait être un autre « piège à souris » qui nous mettrait sur ​​la mauvaise voie. »

VRAI

Cet article met en lumière les points discutables de la méthodologie : les doses de sucre sont réellement beaucoup plus importantes que celles que nous consommons, et le modèle de la souris n’est pas transposable à l’homme.

En effet, ramenées à l’échelle humaine, on arriverait à des consommations qui seraient 6 à 12 fois plus élevées que les recommandations OMS sur les sucres ajoutés… !! Rappelons qu’en France, notre consommation est d’environ 50g/jour, ce qui correspond aux recommandations de l’OMS.

Par ailleurs, la méthodologie pose question avec un faible nombre de souris (5 seulement par groupe d’intervention) et des souris déjà cancéreuses. Comme dit par Food Insight, ce modèle n’est pas extrapolable à l’homme.

Enfin, certains effets sur les tumeurs apparaissent à des doses élevées mais ne sont plus visibles à des doses encore plus élevées. Bizarre et difficilement explicable !

Pour conclure, en dehors de résultats intéressants sur les mécanismes moléculaires de l’inflammation entraînant possiblement la croissance tumorale, la portée de l’étude est limitée.

Le meilleur rappel (et le plus rassurant !) est la position des autorités de santé : le consensus actuel des autorités de santé et rapports d’experts est qu’il n’y a pas d’effet direct démontré du sucre sur les différents types de cancers associés à l’alimentation (WCRF 2012). On peut rester plus sereins que ce que certains voudraient, en savourant le sucre et les produits sucrés avec mesure !

 

Voir la publication scientifique : A Sucrose-Enriched Diet Promotes Tumorigenesis in Mammary Gland in Part through the 12-Lipoxygenase Pathway

 


Pour en savoir plus :
Voir l’article Le sucre et le cancer
Voir l’infographie Sucre et cancer, 4 choses à savoir

 

No Comments

Leave a Reply