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LA GUERRE AU SUCRE ? POURQUOI TANT DE HAINE ?

LA GUERRE AU SUCRE ? POURQUOI TANT DE HAINE ?

Une guerre et un coupable idéal : dès le titre de l’article de Marie-Claire, il est clair que l’émotion prend le pas sur la nuance. Et la suite de l’article n’est qu’une sélection d’arguments, introduits par des titres chocs et comportant quelques imprécisions, qui viennent confirmer la conviction du départ. Nous avons choisi 3 passages méritant quelques précisions et références.

 

« Le sucre représente désormais près du quart de nos apports énergétiques, alors qu’il ne devrait pas dépasser la barre des 5%. »

 

 

 

 

 

Les enquêtes alimentaires nationales s’accordent sur les apports en glucides et en sucres des Français : en moyenne 240 grammes de glucides par jour (tous les sucres et tout l’amidon des féculents), dont 90 à 100 grammes de sucres par jour (tous les sucres, naturellement présents et ajoutés) et au sein des sucres, environ 50 g de sucres ajoutés par jour. Soit respectivement 48%, 20% et 10% des calories quotidiennes (1).

Autrement dit, les sucres ajoutés, dont le sucre de canne et de betterave, ce qui ne représente pas un quart mais 10% des calories en moyenne, ce qui est en adéquation avec « la barre » des 10% de l’OMS. Les 5% sont une recommandation additionnelle, publiée par l’OMS « avec réserve lorsque la qualité des données n’est pas suffisante ».

 

« Les grands consommateurs de glucides ont un risque de mort prématuré accru de 28% »

 

 

 

 

 

Parue en aout dernier dans le Lancet, une étude scientifique portant sur 18 pays a fait l’objet de nombreuses reprises, opposant les risques de mortalité associés à la consommation de lipides et de de glucides (voir notre article «Les sucres pire que la graisse ? Pas si vite »).

En lisant bien l’étude, ces pays sont en grande majorité à faible ou moyen revenus, avec une consommation de glucides bien plus élevée qu’en France, notamment en Chine, au sud de l’Asie et en Afrique. La mortalité accrue observée pour des apports plus élevés en glucides et moins élevés en lipides serait plutôt la conséquence d’une malnutrition et des carences dans les populations des pays les plus pauvres de l’étude, selon l’analyse récente de la Société Française de Nutrition (2).

 

« C’est la fameuse « maladie du soda (…) » qui a valu au journaliste sportif Pierre Ménès une double greffe foie-rein. »

 

 

 

 

 

Le terme « maladie du soda » est effectivement « fameux » et sans aucun doute plus vendeur que le vrai nom de NASH ou stéatohépatite non alcoolique. La maladie a des origines plus complexes que l’unique consommation excessive de boissons sucrées. Pierre Menès, effectivement atteint par cette maladie, précise d’ailleurs dans ses interviews qu’il ne buvait ni alcool ni soda (3). Ce serait surtout une alimentation déséquilibrée et un excès de calories qui augmente le risque de maladie hépatique non alcoolique. Pour en savoir plus, voir notre article « Nash maladie du soda ? ».

 

 

  1. Enquête INCA3, ANSES, 2017.
  2. Société Française de Nutrition, « Tour du monde d’épidémiologie nutritionnelle avec l’étude PURE », octobre 2017.
  3. « Or je ne buvais pas, ni alcool – à part un whisky coca en boîte de nuit, trois fois par an –, ni sodas puisqu’on parle aussi de la maladie du soda ». La Dépeche, Actu Santé – Pierre Ménès, Journaliste sportif. Publié le 20/03/2017

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