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CONSOMMATION DE SUCRE : RAISON ET SENTIMENTS

CONSOMMATION DE SUCRE : RAISON ET SENTIMENTS

« 1 sucre ou 2 ? ». La juste dose de sucre revient fréquemment dans les média avec souvent des glissements entre consommation et surconsommation, risques supposés et dangers réels. Une fois n’est pas coutume, une émission radio diffusée sur Europe 1 pose des repères concrets sans diaboliser (ni angéliser) le sucre.

 

« Le muscle, le cerveau,… on a besoin d’énergie, on a besoin de sucre »

VRAI

Pour être tout à fait exact, on a besoin de « glucose », qui est le carburant pour nos cellules. On estime à 120 g la quantité quotidienne de glucose nécessaire à notre seul cerveau ! Le sucre ou sucre de table est une source de glucose, de même que les autres glucides (miel, sucres des fruits, amidon des céréales,etc.).

 

« Si on supprime totalement le sucre ? […] Privation ça veut dire frustration, […] risque de craquage et de surconsommation »

VRAI

C’est effectivement ce que décrivent les psychologues et nutritionnistes. La restriction cognitive favorise la perte de contrôle alors qu’apprécier un aliment sucré (c’est rare de manger du sucre à la petite cuillère), permet d’avoir du plaisir à le manger sans avoir besoin d’en consommer beaucoup.

 

« Consommation excessive de sucre équivaut à prise de poids […] Manger du sucre ne donne pas le diabète mais ça peut, indirectement, aboutir à ce surpoids qui est un facteur de risque de diabète de type 2 »

VRAI

Effectivement, ce n’est pas le sucre en lui-même qui pose problème mais bien sa consommation en excès. C’est bien le surplus de calories (sucrées ou non) qui favorise le surpoids, lui-même facteur de risque de diabète de type 2.

 

« Astuces : […] On va essayer au repas de prendre des féculents, des sucres lents à la place des sucres rapides. On va remplacer le sucre par la stévia ou le sirop d’agave, des édulcorants »

Faux-09

Le Dr Gérald Kierzek donne des conseils pratiques pour garder une consommation raisonnable : privilégier les tisanes, repérer les heures critiques d’envies de sucré, privilégier des en-cas apportant d’autres nutriments intéressants (yaourt, pomme), donner une bonne place aux féculents lors des repas.

C’était presque un sans-faute mais la référence aux « sucres lents » / « sucres rapides » n’est pas très pertinente. Cette notion désuète est désormais remplacée par la notion d’index glycémique (notamment utile pour les diabétiques) car la vitesse de digestion des glucides dans les aliments ne dépend pas seulement de leur taille (sucres vs amidon) mais de multiples paramètres (structure physique, cuisson, teneur en fibres et en lipides de l’aliment et du repas…).

 

Index glycémique

Voir l’intégralité de l’infographie

Quant à varier le type de produits sucrants, pourquoi pas mais le sirop d’agave n’est pas un édulcorant intense. Il possède une valeur calorique comparable à celle du sucre et il est déconseillé d’en abuser en raison de sa richesse en fructose.

Le jour même de cette chronique, une journaliste du «Los Angeles Times» se posait la question existentielle « est-ce qu’un excès de bonbons d’Halloween peut vous tuer ? ». En laboratoire, on sait répondre à ce genre de question en organisant « La grande bouffe » pour des souris, jusqu’à ce que la moitié d’entre elles soient décédées (cela s’appelle la DL 50, dose létale pour 50% des souris en une prise). Une fois extrapolée aux humains, la valeur fatidique pour le sucre serait de 2,36 kilos de sucre pour une personne pesant 79 kilos, soit tout de même l’équivalent selon le «Los Angeles Times» de 295 mini-barres chocolatées ! Attention à ne pas trop boire pour faire glisser le tout, la DL 50 pour l’eau obtenue par les mêmes calculs est de 7 litres. Une paille !

 

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